Las Entretiens de Fuerteventura Magazine
Luis Fernando Lorenzo Mata - Directeur du Musée Archéologique de Fuerteventura
octobre 2021

Luis Fernando Lorenzo Mata - Directeur du Musée Archéologique de Fuerteventura

“L'approche didactique du musée vise à élargir les connaissances sur les origines de Fuerteventura”

Le nouveau Musée Archéologique de Fuerteventura, situé à Betancuria, a ouvert ses portes en décembre l'an passé, et malgré les limitations causées par la pandémie, 4000 visiteurs s'y sont déjà rendus. L'ancien musée qui existait a été préservé pour que ceux qui le connaissaient puissent le retrouver, et un nouveau bâtiment moderne a été ajouté, dont l'approche didactique est d'élargir les connaissances sur les origines et la culture aborigène de Fuerteventura, ainsi que les influences des visiteurs au cours de l'histoire. Nous avons pu le visiter avec un guide d'exception, puisque c'est le directeur, Luis Mata, qui nous a fournis et expliqués de nombreux éléments très intéressants.

Luis Mata est diplômé en Art et, pendant 30 ans, il fut le Directeur du Patrimoine Historique Insulaire. Parlez-nous du musée...

Un musée archéologique est le miroir où la société doit se regarder pour se reconnaître. Les changements qui ont eu lieu à Fuerteventura ces dernières années ont été énormes et ce qui a été préservé nous étonne encore. C'est au cours de ces dernières années que nous avons fait le plus de découvertes, et ce, à cause des nombreux travaux qui ont été effectués sur l'île principalement. Cependant, nous avons encore des lacunes énormes. Des questions apparaissent au fil des découvertes archéologiques, car nous devons les dater et les placer dans le temps. Grâce aux avancées scientifiques, nous avons de plus en plus de moyens de le faire: ADN, Carbone 14, etc.

Est-ce que les particuliers participent à l'archéologie?

Curieusement, nous avons reçu une grande quantité d’ustensiles qui ont été donnés, qui parfois se trouvaient dans les maisons et les personnes ne savaient pas vraiment à quoi ils servaient. La population devrait être consciente qu'elle peut posséder un objet d'intérêt pour le Musée qui peut être donné. On leur donne un certificat de don et il n'y a aucun problème ou pénalité pour le fait de l'avoir gardé. Parfois, c'est de façon tout à fait fortuite, sans savoir que l'objet avait un intérêt archéologique. Quand quelqu'un fait une découverte de n'importe quel type, il est important de ne pas toucher l'objet et de nous appeler pour éviter toute contamination.

Comment est structuré le musée?

En plus du personnel administratif, Isidoro Hernández est le conservateur du musée et l’archéologue, Rosa López, est la directrice de l'excavation de la Grotte de Villaverde. Nous formons également quelques jeunes personnes pour qu'elles puissent guider les visiteurs et fournir les explications nécessaires. Je tiens aussi à remercier le Cabildo de l'Île ainsi que le Service Général du Patrimoine du Gouvernement des Canaries pour leur soutien.

Y a-t-il plusieurs sites archéologiques importants en activité?

En ce moment, plusieurs sites de grand intérêt archéologique sont actifs; en plus de la Grotte del Llano et la Grotte de Villaverde, il y a également le site de la Atalayita et celui de l'Île de Lobos, sans oublier la Montagne de Tindaya, le barranco de Cavadero, etc.

Le site de Lobos est devenu très intéressant, n'est-ce pas?

En effet, le site archéologique de Lobos consiste en un site romain, qui indique qu'ils travaillaient sur un atelier d'exploitation de pourpre, une teinture très appréciée des Romains et qui était extraite d'un mollusque marin appelé Stramonita haemasmota. Cela nous mène à faire de nouvelles conclusions significatives, qui changent en partie l'histoire des premiers visiteurs de l'île. Il est évident qu'ils étaient des navigateurs qui sortirent de leur zone de confort, la mer Méditerranée, en s’aventurant vers le bord de cette terre plate où se trouvait l'abîme. C'est pourquoi Plutarque racontait que «au loin, il y avait des îles où il n'y avait pas de différence dans le climat des saisons ni de fauves ni de vermines», et c'est la raison pour laquelle ils leur avaient donné le nom des Îles des Bienheureux. En vérité, cette qualification est due au climat, ce sont les vents qui façonnent chaque île et leur développement culturel également. D'autre part, l'histoire géologique de l'île nous parle des époques volcaniques, mais également de grandes inondations qui, ensuite, donnèrent lieu au retrait de la mer et tout cela est parfaitement visible dans les diverses strates.

Nous informons nos lecteurs que l'entrée est gratuite et que le musée est fermé uniquement le lundi. Ils vous attendent de 10 heures à 17 heures pour que vous puissiez profiter, voir et en découvrir plus sur les premiers habitants de Fuerteventura.