Las Entretiens de Fuerteventura Magazine
Nazaret – Artisane hispano-africaine
décembre 2022

Nazaret – Artisane hispano-africaine

« Pour nous, le turban est une identité culturelle, c'est l'orgueil de notre race et également un symbole de statut »

Nazaret est tombée amoureuse de Fuerteventura dès sa première visite lors d'un voyage, elle continua de venir chaque année et avait de plus en plus envie de venir s'installer ici. Elle prit finalement sa décision et cela fait plus de sept ans qu'elle habite sur l'île, pour y vivre, travailler et profiter de la tranquillité qui l'avait tant attirée.

Avez-vous toujours été artisane ?

Non, j'étais styliste à Bilbao, et en arrivant ici, j'ai voulu changer de profession qui, bien qu'elle me plaise, était assez oppressante.

Êtes-vous née à Bilbao ?

Oui, d'une mère Basque et d'un père Congolais.

Cette vocation artisanale est donc née ici ?

En arrivant, j'ai travaillé dans ce que je trouvais, ensuite j'ai commencé à confectionner des espadrilles avec des tissus africains, mais cette année-là, il avait plu beaucoup et essayer les espadrilles était compliqué, mais étant donné que le porte toujours un turban sur mes cheveux à cause de mes racines africaines (qui, là-bas, a une signification autre qu'un simple accessoire, ou pour se tenir les cheveux), les gens ont commencé à m'en parler, car ils aimaient bien. C'est ainsi que j'ai eu l'idée de commencer à confectionner des turbans.

Quelle autre signification ont les turbans en Afrique ?

Pour nous, c'est une identité culturelle, c'est l'orgueil de notre race, c'est également un symbole de statut, etc.

Et ils se vendent bien ?

Oui, je suis très satisfaite et c'est devenu mon emploi à temps complet.

Je vois qu'il y a une grande variété de modèles et de tissus...

Quand je les confectionne, je pense d'abord au type de femme qui va les porter : blonde, brune, jeune, plus mature, classique, moderne, écologiste, etc., et c'est ainsi que je crée et choisis les tissus qui sont les plus adaptés pour chaque cas. Il reste un peu de stylisme dans mon travail !

Et où exposez-vous vos créations ?

Au Marché des Traditions (Mercado de las Tradiciones) de La Oliva, à El Campanario à Corralejo et au marché de Lajares.

Rien dans le sud ?

Pas pour l'instant, j'ai un peu la paresse de m'agrandir, mais peut-être que je le ferai plus tard. Il faut coudre beaucoup et ce n'est pas un travail aussi mécanique qu'on pourrait le penser, il y a une procédure de création à effectuer pour chaque pièce.

Nous voyons également que vous faites des poupées...

Oui, je fais des sirènes. J'adore les faire et voir le plaisir des petites filles quand elles en ont une. Cela me rend heureuse ! Les adultes aussi les apprécient et les achètent pour eux-mêmes. Je fais également des vêtements, des accessoires, etc., pour ces sirènes. Ce serait un joli cadeau à offrir à Noël. Nous vous souhaitons beaucoup de succès Nazaret.

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