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Calle Pepe el carretero
novembre 2021

Les rues de Fuerteventura

Gran Tarajal rend hommage à des personnes qui ont contribué à forger l'histoire de cette ville en nommant des rues en leur honneur. C'est le cas des rues qui portent les noms de «Juan el patrón», «Francisco el estelero» ou «Pepe el carretero», et c'est à cette dernière que nous dédions ce chapitre des rues majoreras.

Calle Pepe el carretero

Les rues de Fuerteventura

Située au bout de la partie haute de Gran Tarajal, presque au pied de la montagne, la rue «Pepe el carretero» (Pepe le charretier) nous rappelle l'histoire de José Rodríguez González. C'était un homme éclectique qui a vécu dans cette ville pour la majeure partie de sa vie. Il a eu diverses occupations qui lui ont permis d'élever une famille nombreuse composée de son épouse et de sept enfants. Il est né dans la municipalité de La Oliva, au nord de l'Île de Fuerteventura, en mars 1916. Après un bref séjour à Las Palmas, il revient à Fuerteventura et se marie avec une jeune femme de Tiscamanita. Sa maison, qui était la seule à l'époque dans la partie haute de Gran Tarajal, se trouvait très près d'une poudrière où on stockait la dynamite utilisée pour perforer la roche lors de travaux. En fait, cette rue était connue depuis toujours comme la rue de la poudrière (polvorín). La dynamite arrivait en bateau depuis Las Palmas et Pepe el carretero, était la personne autorisée à la vendre aux personnes qui possédaient un justificatif tamponné par la Guardia Civil. Ainsi, on évitait que la dynamite ne soit utilisée à d'autres fins et tout était contrôlé. En parallèle à cet emploi, il commença à travailler en tant que livreur d'eau avec une charrette et il livrait aussi d’autres marchandises. L'eau venait d'une propriété qui s'appelait «Casa Mille», où un puits donnait de l'eau en abondance qui était de bonne qualité. Ensuite, il commença à travailler à son compte et quand l'approvisionnement de l'eau devint plus contrôlé (elle était transportée avec des camions spécialisés dans des bidons en métal), Pepe el carretero continua seulement à livrer de l'eau à don Cosme Ortega Ávila, connu dans le village en tant que «Cosmito», et gardant le reste de sa cargaison pour sa propre consommation. C'est ainsi que se termina cette étape de livreur d'eau. Il se dévoua ensuite totalement à son travail de transporteur avec sa charrette pour tout type de marchandises à amener jusqu'au port de Gran Tarajal, où elles étaient embarquées pour aller vers Gran Canaria, parfois pour aller sur d'autres Îles où même jusqu'au continent. Il livrait aussi des marchandises selon les commandes au sein du village. À cette époque, il travaillait dans le même secteur que «Juan el patrón», à qui Gran Tarajal a également dédié une de ses rues. Les deux hommes se chargeaient de la majeure partie du transport de personnes ou de marchandises à l'époque. Les années passèrent et l’industrie du transport évolua, avec l'apparition de plus grandes entreprises. Pepe el carretero fut employé par la fille de don Manuel González Ramírez, le propriétaire d'une grande partie des terres de la partie haute de Gran Tarajal. Ce fut son dernier emploi et il s’occupa d'une exploitation avicole qui se trouvait très près de sa maison jusqu'à sa retraite. Il décéda le onze novembre 1986, à l'âge de soixante-dix ans, laissant derrière lui une grande famille et des souvenirs touchants.

 

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